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Histoire du Rhum, d’Alain Huetz de Lemps

Entre conquêtes coloniales et esclavagisme, le rhum est né dans une période noire de notre histoire. D’abord boisson d’esclave et de pirate, elle va devenir la boisson des marins et au 18e siècle, elle commencera à être consommée en Europe et en Amérique. Mais elle sera toujours dépendante des bouleversements coloniaux et du bon vouloir des métropoles.

Le livre

Il a été écrit par Alain Huetz de Lemps et publié en 1997.

Il fait 263 pages.

Alain Huetz de Lemps était un professeur de Géographie à l’université de Bordeaux.

Ce que je voulais apprendre de ce livre

Si l’on ne s’en doute pas, je voulais en apprendre plus sur l’histoire du rhum. Je l’ai lu une première fois au tout début de mon aventure dans le rhum. Cela m’a beaucoup aidé à connaître les différents types de rhums et à comprendre d’où ils venaient.

Aujourd’hui, je l’ai relu pour vraiment m’imprégner de l’histoire du rhum. Il y a beaucoup d’histoire dans le rhum. Beaucoup de distilleries se targuent d’avoir une grande histoire. Je ne dis pas que je vais tout savoir à la lecture de ce livre, mais j’aurai une meilleure vision de l’histoire globale. Je pourrais rattacher certains rhums à une histoire plus grande ou peut-être mieux me préparer à déceler les rhums qui veulent me mentir.

Même entre passionnés, nous n’avons pas la même vision de l’histoire du rhum ou de l’histoire d’un rhum. Il y a bien sûr les préférences gustatives qui influent sur les distilleries que l’on préfère défendre. Mais il y a aussi l’attachement à une région qui peut avoir une grande influence.

Personnellement, j’aime le rhum en générale et je veux le découvrir dans son ensemble, pas seulement me contenter de ce que l’on veut me faire découvrir. Cette découverte commence par un peu d’histoire.

Points forts du livre

Dans cette chronique, je reste assez vague et ne donne que quelques dates. Je ne veux pas vous retirer l’intérêt de lire ce livre. Mais il y a un point que je n’aborde pas ici et qui donne une grande force à la lecture de ce livre. C’est les nombreuses références aux quantités de rhums produites dans chaque région et à travers le temps. Cela permet d’avoir une vision concrète de l’évolution de la production de rhum dans le monde.

Le grand point fort, c’est la recherche qu’il y a derrière l’écriture de ce livre. Les nombreuses références à des archives, des documents notariés très anciens, des livres de comptes. On sent qu’il y a plusieurs années de travail pour aboutir à ce livre. C’est très riche.

Points faibles du livre

Les quantités de rhums produites sont également un point faible du livre. Il y en a trop et elles ne sont pas régulières. Il n’y a pas de graphique récapitulatif. Il est très difficile de faire des comparaisons entre les régions de production et de s’en faire une représentation globale. C’est une information que j’aurais beaucoup aimé avoir. J’ai commencé à essayer de faire une collecte de ces informations, mais elles sont tellement éparses et sans réelle cohérence que le résultat final ne l’aurait pas été non plus.

On peut facilement perdre le fil conducteur de l’histoire à la lecture de ce livre. On fait souvent des bonds dans un sens et dans l’autre dans le temps et entre les régions de production. On peut très vite s’y perdre.

Après, je reconnais qu’au vu de l’expansion de la production de rhum dans le monde, il était difficile de pouvoir faire une chronologie cohérente.

L’un des plus gros problèmes qui bien sûr ne fait que grandir, c’est qu’il commence à être vraiment vieux. Édité en 1997, il y a plus de deux décennies qui ne sont pas représentées dans le livre et il s’est passé beaucoup de choses ces 20 dernières années dans l’univers du rhum. Malheureusement, Alain a aujourd’hui 93 ans, difficile de lui demander d’écrire une nouvelle édition. Je ne sais pas qui aura le courage de prendre en main une nouvelle édition d’un tel ouvrage.

Nous n’avons rien sur la nouvelle vague de passion montante dans l’univers du rhum. La spéculation qui monte et tend à rejoindre celle du Whisky.

Il n’y a presque rien sur la nouvelle production de rhum en Asie et en Afrique. Rien non plus sur l’expansion des rhums pur jus de canne qui fleurissent de plus en plus à travers le monde.

Cela se ressent surtout vers la fin du livre, mais une grande part du livre est consacrée aux rhums des DOM français. L’auteur résume l’histoire d’une bonne part des distilleries toujours en activité à la fin du vingtième siècle. On peut considérer cela comme du chauvinisme. Il y a tellement de régions dont j’aimerai en apprendre plus. Mais en même temps, j’ai beaucoup apprécié en apprendre autant sur nos propres rhums.

Le commencement

L’extraction du sucre de la canne est bien plus ancienne que la production d’une eau-de-vie à partir de la canne à sucre.

En Asie et particulièrement en Inde, le sucre semble être tiré de la canne depuis déjà plusieurs milliers d’années. Le miel de canne va intéresser les Occidentaux. Avec les siècles, le sucre de canne va s’exporter dans tout le cercle méditerranéen.

Les Espagnols et les Portugais sont les premiers à développer des Plantations de canne en dehors de l’Asie au cours du 15e siècle, à Madère pour les Portugais et dans les Canaries pour les Espagnoles.

Grâce aux découvertes des Amériques par Christophe Colomb et au cours du 16e siècle, la production de canne à sucre va connaître un essor sans précédent.

La production et l’exportation de sucre de canne sont très importantes, mais ce n’est qu’au début du 17e siècle que l’on commence à trouver des traces d’une production d’une eau-de-vie à base de canne à sucre.

Le rhum restera tout de même pendant longtemps une boisson de mauvaise qualité réservée aux esclaves et aux pirates, mais le rhum est né et son histoire avec lui.

Chapitrage

Les Origines du rhum

Ce chapitre est un concentré d’information intéressante. L’auteur nous conte toutes les histoires qui ont mené l’homme à la fabrication du rhum. Les origines de la canne, la découverte de l’eau-de-vie, le développement des alambics et comment se fait la distillation ?

Il pose ainsi les bases qui vont nous permettre de bien comprendre le reste de l’histoire.

Il est difficile de savoir qui a produit du rhum pour la première fois. Les écrits sur le sujet sont assez rares. On suppose que les Espagnols et les Portugais ont pu commencer à faire du rhum sur les Canaries et à Madère, mais rien ne le prouve.

Ce n’est qu’en 1630 qu’un premier écrit parle d’une boisson tirée de la canne à sucre sur l’île de la Barbade. Au milieu du siècle, des écrits mentionne une eau-de-vie issue de l’industrie de la canne à sucre sous le nom de Kill-devis (tue-diable) et d’autres sous le nom de rumbullion. Cette eau-de-vie est de très mauvaise qualité. Les Occidentaux ont bien mieux à boire puisqu’ils importent du vin et du Brandy depuis le continent. C’est une eau-de-vie produite par ou pour les nègres afin de leur donner du cœur à l’ouvrage.

Côté français, c’est le Père du Tertre qui va mentionner pour la première fois l’eau-de-vie de canne dans ses écrits publiés en 1667.

Le père Labat fera également mention de cette boisson dans ses premiers écrits en arrivant en Martinique. Il parle de l’eau-de-vie de canne sous le nom de Guildive. Les natifs et les esclaves l’appellent tafia.

Les distilleries sont attenantes des sucreries et l’eau-de-vie de canne est généralement faite à base de mélasse. Ce que le continent réclame, c’est le sucre et les plantations travaillent donc à produire du sucre. Il n’est fait mention nulle part que les esclaves aient pu récupérer la canne pour faire de l’eau-de-vie pur jus. Si le jus de canne était utilisé pour faire de l’eau-de-vie, cela devait rester assez rare.

Vers la fin du 17e siècle, les Anglais perfectionnent la fabrication du Rum (ce sont les premiers à désigner l’eau-de-vie de canne par ce nom) dans de gros alambics ou dans des alambics à repasse type Pot Stills. Le Rum anglais commence même à avoir une réputation bien meilleure que la guildive française. Durant son séjour dans les Antilles, le père Labat va aider à l’amélioration des techniques de distillation. Il va faire venir de France des alambics en cuivre. Ces alambics dits du père Labat seront utilisés jusqu’au 20e siècle.

Vers la fin du 17e siècle, les Français vont commencer à utiliser le mot Rum pour désigner l’eau-de-vie de canne, en continuant tout de même à utiliser les noms de guildive et tafia. Ce n’est qu’au 19e siècle que les Français vont ajouter un « h » dans le nom Rum et utiliser principalement cette terminologie « rhum ».

Avec le temps, ces terminologies vont être utilisées pour désigner différents niveaux de qualité de rhum. Le tafia est un rhum de basse qualité réservé aux esclaves. Le rhum lui est fait avec plus de soins pour l’exportation.

Ce n’est qu’au cours du 19e siècle que l’on va vraiment chercher à améliorer la qualité du rhum. À partir de là, les techniques de distillation vont grandement s’améliorer et que vont apparaître les premières colonnes de distillation.

Voilà comment sont posées les bases pour bien comprendre l’histoire du rhum. Avec ces informations, on peut attaquer le plus gros de l’histoire.

Le grand essor des rhums antillais aux 17e et 18e siècles

C’est durant cette période que le rhum va connaître une véritable explosion et cela grâce à trois causes, l’accroissement de la production de sucre, l’amélioration de la qualité du rhum et l’augmentation du nombre de consommateurs.

La demande croissante de mélasse pour faire du rhum a permis aux sucreries d’y voir une opportunité de business. Les sucreries font également faire face à une demande croissante de sucre et donc à une production de plus en plus forte de mélasse. L’opportunité de faire de ce déchet un bénéfice est donc une aubaine.

Au départ, le rhum est principalement consommé par les locaux et les marins. Cela limite la cible de consommation. Mais celle-ci s’est tout de même élargie. D’une part parce que les locaux sont de plus en plus nombreux sur les îles et ce sont de gros consommateurs. D’autre part, les techniques de distillation qui s’améliore permettent au rhum d’être apprécié par une population plus large. La demande est donc croissante. Elle va aussi progressivement être consommée par les blancs pauvres. Ces blancs n’ayant pas les moyens de s’offrir les vins et eaux-de-vie du continent beaucoup trop cher.

Au 18e siècle, le rhum va commencer à être importé en Europe, essentiellement le rhum des West Indy qui est de bien meilleure qualité que le rhum des Antilles française. C’est donc l’Angleterre qui commence à importer du rhum et de la mélasse pour distillation sur le continent. Le rhum français mettra bien plus de temps à s’exporter en France. Les producteurs de vin et d’eau-de-vie française ont obtenu l’interdiction de l’exportation du rhum. Ce n’est qu’au 19e siècle que ce blocage sera levé par un fort engouement des Français pour les punchs à l’anglaise.

Durant ces 2 siècles, ce sont les rhums anglais qui dominent l’univers du rhum. Et surtout avec les rhums venant de la Barbade et de la Jamaïque. Il faudra attendre le 19e siècle pour que les cartes soient redistribuées avec un petit essor des rhums français, mais surtout la venue des Espagnols et des Américains dans le jeu.

Le Rhum sur le continent américain du 16e au 18e siècle

On ne peut pas parler de la production de rhum sur le continent américain sans parler de la Cachaça brésilienne. L’exception qui confirme la règle. Alors que toutes les autres colonies espagnoles et portugaises ne font pas cas de la production de sucre, le Brésil, lui, va s’y mettre à fond. Les premières plantations de sucre datent du début du 16e siècle et déjà on parle d’eaux-de-vie de canne. Les Portugais vont constamment chercher à bloquer cette production par des interdits protectionnistes. Ils veulent donner la priorité aux vins de madères et au porto. Mais les difficultés d’importation du vin vont permettre à la Cachaça d’être régulièrement autorisée à la vente.

Le Brésil va devenir au fil de ces deux siècles le premier exportateur de sucre pour l’Europe, mais les locaux préfèrent la Cachaça à l’aguardiente et la Cachaça va peu à peu prendre la place de boisson locale et même nationale.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Caliche Puerto Rican Rum – Rhum Portoricain [2/365]

Dans les autres régions d’Amérique centrale et du sud conquises par les Espagnols, la production d’eaux-de-vie de canne est assez risible durant ces deux siècles. Comme le Brésil, le Mexique, le Venezuela et les autres régions sont sous le joue protectionniste de l’Espagne. Le but est à la fois de protéger la production d’eau-de-vie de vin et de brandy, mais aussi de lutter contre l’ivresse que provoque l’eau-de-vie de canne. Ce protectionnisme ne sera levé qu’à la fin du 18e siècle et alors la production d’eau-de-vie de canne n’est pas suffisante pour répondre à la demande. Le temps qu’une fabrication suffisante de rhum soit mise en place, ces régions achètent du rhum dans les Caraïbes, à la Jamaïque et même un peu aux Antilles françaises.

Les États-Unis sont de forts consommateurs d’eaux-de-vie. Ils ont commencé à produire du whisky au 16e siècle. Mais l’utilisation du blé qui est essentiel à la production de nourriture provoque des hausses de prix que n’accepte pas le peuple. Surtout que la population va grandir rapidement en passant de 50 000 à près de 3 millions durant ces deux siècles.

L’arrivée du rhum est donc une aubaine. Et ensuite la découverte de la possibilité d’importer la mélasse pour la distiller sur place va accroître l’intérêt des Américains pour le rhum. De nombreuses distilleries de whisky vont se convertir en distillerie de mélasse. Au cours du 18e siècle, les colonies d’Amérique du Nord deviendront les premiers consommateurs de rhum au monde.

Le Rhum en Afrique et dans le monde Indo-Pacifique du 16e siècle au 19e siècle

Durant ces 3 siècles, le rhum n’a pas été très bien valorisé que ce soit en Afrique, en Asie ou en Australie.

Pourtant il y aurait eu de quoi. L’Afrique est parfaitement située au niveau climatique pour exploiter la canne à sucre. L’Asie est le berceau qui a vu naître la canne. Mais ils n’ont jamais été des consommateurs de sucre et de rhum comme l’ont été l’Europe et l’Amérique.

Pour ce qui est de l’Afrique, le rhum aura surtout été le centre d’un trafic des plus cruel que fut l’esclavage. En échange d’alcool, les dirigeants africains vendaient leur peuple aux Européens.

Du côté de l’Océan Indien, les îles de Madagascar, de la Réunion et Maurice vont également planter de la canne à plus ou moins grande échelle et surtout tardivement. L’île de Madagascar est surtout consommatrice et va principalement faire importer du rhum. Les îles de la Réunion et Maurice vont mettre du temps à faire de la canne.

Même si elle ne sera que temporaire, L’Australie aussi aura sa part dans l’histoire du rhum. Le rhum a une grande part même dans la colonisation de l’Australie. Au point de devenir la monnaie locale durant les premières décennies de la colonisation. Les ouvriers et força ne prenaient que du rhum comme paiement de leur travail. Cela causait également beaucoup de trouble avec l’alcoolisme.

Producteurs américains et Consommateurs européens au 19e siècle

Durant le 19e siècle, la consommation de rhum va grandement progresser et surtout dans la deuxième moitié du siècle. Mais au-delà de cette progression de la consommation, c’est surtout un bouleversement dans sa production. Les cartes vont être complètement redistribuées, seule la Jamaïque arrivera à rester à sa place.

Entre la disparition de Saint-Domingue et la baisse de la consommation des États-Unis, les rhums anglais prennent une grosse claque. Comme la Jamaïque produit toujours le rhum considéré comme étant le meilleur, elle réussit à maintenir ses exportations. La Barbade elle s’effondre. C’est Guyana qui va prendre la première place dans le marché des rhums de tradition anglaise. Toute nouvelle sur le marché, elle a su très vite faire sa place. Guyana devient le deuxième producteur de rhum au monde à la fin du 19e siècle et le premier producteur de rhum de tradition anglaise.

Pour les Antilles françaises, c’est aussi un bouleversement. La disparition de Saint-Domingue fait très mal. Les rhums de Martinique et de Guadeloupe sont très loin d’égaler les rhums anglais. Le début du siècle est donc chaotique. Ce qui va les sauver, c’est une double peine pour les vins français. Dans la deuxième moitié du siècle, les vignobles vont être touchés par des maladies venues des États-Unis. La baisse de la production de vin et d’eau-de-vie de vin va permettre au rhum d’enfin trouver une place sur le marché français qui lui était fermé. Dans le même temps, les techniques de fabrication du rhum ainsi que sa qualité s’améliorent. Dans la dernière décennie du siècle, la Martinique est le premier producteur de sucre et de rhum au monde.

Un phénomène apparaît tout de même en marge des grosses industries sucrières de la Martinique. De petits producteurs de cannes très éloignés de Saint-Pierre et ne pouvant pas amener leur canne aux grosses industries se retrouvent sans déboucher. Ils décident de presser la canne et de faire du rhum directement à partir du jus de canne. Ce rhum est dit agricole ou rhum habitant et va devenir le rhum le plus consommé par les habitants de la Martinique, très apprécié en ti’punch.

Cuba fait également son entrée dans la bataille durant ce siècle. Cuba profite de la disparition de Saint-Domingue pour reprendre les parts de marché avec les États-Unis. Le rhum cubain est encore médiocre au début du siècle et les producteurs vendent principalement la mélasse. Mais les techniques vont s’améliorer et surtout un certain Don Facundo Bacardi va développer une recette de rhum léger qui va connaître un franc succès et devenir la marque de fabrique des rhums cubains, des rhums à cocktails. Jusqu’à la fin du siècle, Cuba se dispute la seconde place de production de rhum avec Guyana.

Durant ce siècle, le rhum sud-américain reste marginal. Il est de mauvaise qualité. Mais de plus en plus d’états se dotent de capacités de production pour satisfaire une clientèle locale. Ils veulent produire un rhum de la même qualité que les Caraïbes. Ils s’équipent avec des alambics anglais. Ces rhums de bien meilleure qualité seront appelés « Ron » pour se différencier de l’aguardiente.

Alors qu’au début du siècle, la consommation de rhum est encore très forte aux États-Unis, elle va peu à peu chuter au cours des décennies, et cela pour deux raisons. La première est l’essor des alcools de grains que préfèrent les nouveaux colons écossais et irlandais. La deuxième est la naissance des courants de tempérance dans les États les plus consommateurs de rhum. Ce n’est pas encore la prohibition, mais cela fait des ravages sur la consommation de rhum.

Producteurs divers d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine au 20e siècle

L’Afrique n’a jamais été une grande productrice de rhum. Depuis, la fin de l’esclavage, les importations ont beaucoup chuté, même si elles ont bien repris à la fin du 19e siècle. On notera que l’Afrique du Sud produit une bonne quantité de rhum. Mais, les sociétés de distillation ne les vendent pas elles-mêmes. D’autant que les habitants préfèrent de loin consommer des rhums importés tels que Captain Morgan, Green Islande, Bacardi.

L’Asie a bien une production de rhum, l’Australie, l’Inde, les Philippines et d’autres produisent du rhum et parfois en bonne quantité. Mais c’est une production bien en dessous de ce que peuvent produire les Caraïbes ou les Amériques.

Au Mexique, la marque de rhum qui va se distinguer est encore Bacardi qui s’y installe en 1929. La production y est très importante et le rhum Bacardi très apprécié par les Mexicains.

Consommation et approvisionnement de l’Amérique du Nord et de L’Europe au 20e Siècle

Au 20e siècle, la consommation des États-Unis va entraîner de nombreux bouleversements. Le plus gros va être la prohibition. Ayant déjà commencé à s’initier au 19e siècle, la prohibition va finir par avoir son amendement en 1919. La consommation d’alcool va alors grandement chuter. De nombreuses distilleries vont être fermées. Mais la consommation d’alcool ne va pas disparaître. Une contrebande s’organise très vite et permet d’acheminer dans le pays l’alcool qui est distribué clandestinement.

Dans les îles productrices, il y a encore redistribution des cartes. Avant la révolution de Fidel Castro, c’est surtout Cuba qui en profite. Pour beaucoup d’Américains, l’île est d’ailleurs un havre de paix où l’on peut librement boire de l’alcool (naissance du Cuba libre).

C’est Bacardi le grand gagnant dans cette affaire. L’entreprise est le leader mondial de la production et de la vente de rhum dans le monde.

Après l’accession au pouvoir de Fidel Castro à Cuba, les exportations de rhum vont s’effondrer avec l’embargo américain. C’est Porto Rico qui va reprendre le marché pour les Amériques et devenir ainsi le premier producteur de rhum au monde dans la deuxième moitié du 20e siècle.

Le 20e siècle est synonyme de restructuration pour les West Indies. L’industrie du rhum va se concentrer sur des entreprises plus grosses et plus solides qui réussiront à survivre aux allers à de la consommation de rhum de ce siècle.

La Jamaïque va passer de 300 à moins de 10 distilleries au cours du siècle.

Trinidad n’en compte que 3 et la première ne va pas survivre au 21e siècle.

La Barbade tourne autour de 4 distilleries. Sainte Lucie en compte 2, Antigua et Grenade n’en ont qu’une.

Les rhums français dans la première moitié du 20e siècle

Le rhum des Antilles françaises et de la Réunion est indéniablement lié à la consommation de la métropole. Celle-ci est pratiquement l’importatrice exclusive du sucre et du rhum produit dans les colonies. C’est donc la métropole qui fait la pluie et le beau temps.

La Première Guerre va être l’occasion pour les îles de fortement accroître la production de rhum et va amener à de nombreux trafics. Les sucreries de betterave du nord de la France sont presque toutes à l’arrêt. La demande de rhum pour le front est toujours plus forte. On dit que le rhum aura participé à l’effort de guerre.

Mais la chute est aussi franche que la hausse. Après la guerre, l’armée se débarrasse de ses surplus. Les prix baissent fortement et de nombreuses entreprises qui s’étaient créées durant la guerre mettent la clé sous la porte.

Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, cela sera une succession de création et de faillite dans l’univers du rhum. Seuls les plus solides survivront.

Après la Seconde Guerre mondiale, les ventes de rhums reprennent, mais elles fluctueront toujours entre les hausses de contingents et la bataille avec les eaux-de-vie de la métropole.

La production de rhum va devenir de plus en plus difficile à maintenir rentable et les distilleries vont commencer à disparaître. En Martinique, la culture de la banane va devenir bien plus rentable que la canne et peu à peu les plantations vont être remplacées ce qui va encore plus couler les distilleries de l’île sans épargner les plus grosses. Alors qu’elle comptait plus de 100 distilleries après la guerre, elle en comptait moins de 10 à la fin du siècle.

D’un autre côté, les distilleries restantes vont travailler à améliorer la qualité du rhum. Un rhum agricole avec une belle aromatique et des vieillissements recherchés. Quelques distilleries sont restées familiales, mais d’autres ont été rachetées par de grands groupes comme la Martiniquaise ou le groupe Hayot.

L’Avenir des rhums français

Même si elle a augmenté durant le dernier siècle, la consommation de rhum français a connu quelques bouleversements. Elle baissait à la fin du vingtième siècle. Mais dans le même temps, les producteurs se sont orientés vers la production de rhums de qualité. On en fait moins, mais il est bien meilleur gustativement.

Conclusion

Le livre a été écrit et publié avant que le rhum ne soit à nouveau une boisson en vogue. Le livre se termine donc un peu sur une note pessimiste. Cela reste un très bon moment de lecture, deux fois. J’ai énormément appris au cours de cette lecture. Cela m’a permis de structurer pas mal de connaissances et aussi de découvrir des régions de production que je ne connaissais pas. Il faudra un jour que je déguste des rhums d’Australie.

Cela m’a surtout permis de comprendre d’où viennent les différentes façons de faire du rhum, comment en est-on venu à faire du rhum pur jus ?

C’est un savoir inestimable quand on se passionne comme moi pour ce breuvage.

Avez-vous eu l’occasion de lire ce livre, dites-moi en commentaire ce que vous en avez pensé ? Et si ce n’est pas le cas, je vous en recommande chaudement la lecture.

N’oubliez pas qu’un rhum partagé est un plaisir décuplé.

Mais aussi que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

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