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Interview de Yann Lef – Compagnons du Rhum

Cela faisait longtemps que je voulais faire ce genre d’interview. J’ai déjà eu l’occasion de faire de petites interviews, mais je n’avais jamais pris le temps d’avoir une vraie discussion avec l’intéressé?. L’interview de Yann Lef fut très intéressante et j’ai beaucoup aimé en apprendre plus sur sa passion du rhum.

Ma rencontre avec Yann Lefèvre

Cette rencontre s’est faite en plusieurs étapes. J’ai d’abord appris à le connaître via Facebook et le groupe des Compagnons du rhum. Un groupe que j’ai très vite apprécié et que j’ai commencé à fréquenter assidûment.

J’ai eu le plaisir de le rencontrer une première fois en réel lors d’une soirée de dégustation organisée par Rhum Attitude. Quelques échanges et surtout des comparaisons de nos dégustations. Une rencontre qui a commencé à susciter ma curiosité sur Yann.

Pourquoi ai-je voulu faire une interview de Yann Lefèvre ?

J’ai eu en suite de nombreuses occasions de croiser Yann. Souvent à l’occasion de soirées organisées par Yann lui-même. À chaque fois, c’était une expérience très enrichissante. Au fil du temps, j’ai fini par apprécier les discussions et tout ce que je pouvais apprendre avec Yann. Et il m’est devenu évident que Yann devait être la première personne que je devais interroger devant ma caméra sans regarder le temps qui passe?.

Cette interview n’est que la première et j’ai déjà d’autres interviews en préparation. J’espère que cette première interview de Yann Lef vous plaira. Ce n’est pas une retranscription fidèle. J’ai voulu retranscrire le plus intéressant de notre échange et nous avons plusieurs fois été ailleurs. Cela reste un article assez long. La vidéo est aussi assez longue?.

Commençons par parler un peu de toi, car malgré que tu fasses un travail superbe au service des amateurs de rhum, tout le monde ne te connaît pas. Peux-tu te présenter un peu personnellement ?

Je m’appelle Yann. Je viens d’avoir 38 ans, cela s’est passé avant-hier. Il faut savoir que dans la vie, je ne fais pas que du rhum. Les gens oublient quand ils postent sur Facebook, c’est que ce n’est pas forcément notre métier. Moi, ce n’est pas mon métier, je suis manipulateur radio. Donc j’ai un job à temps plein et les compagnons du rhum c’est un deuxième job quand je rentre le soir ou quand j’ai une pause, j’essaye de répondre vite aux questions. Donc, voilà j’ai un enfant, j’ai ma vie de famille en plus des Compagnons du Rhum.

Comment en es-tu venu à t’intéresser au rhum ?

Tout a commencé il y a une dizaine d’années. J’avais un groupe d’amis qui revenait de Guadeloupe. Personnellement, je n’étais vraiment pas alcool du tout. Mais de temps en temps, comme tout le monde, je prenais un petit verre de vin blanc sucré ou un petit verre de rosé ou encore du champagne. Donc finalement, je n’étais pas amateur d’alcool du tout. Revenus de vacances, mes amis m’ont invité et proposé de boire quelque chose. Je leur ai dit « un coca » ?.

Mon ami me proposa un rhum de Grand-mère qu’il avait ramené en ajoutant « ça, c’est franchement sympa, tu veux goûter ? ».

J’ai décliné poliment. Il a insisté, « c’est vraiment sympa ».

J’ai fini par accepter et j’ai commencé à goûter et là mes yeux se sont écarquillés « Mais c’est bon ça ». Et puis, au cours de la soirée la bouteille n’y est pas passée, mais à nous deux, on s’est bien fait les trois quarts de la bouteille. J’ai vraiment bien apprécié, ça passe tout seul. Mon premier rhum, mon premier rhum guadeloupéen.

Et puis là-dessus, je me suis dit, pourquoi ne pas essayer de s’acheter d’autres choses dans le rhum et puis voir si ça me plaît. J’en ai acheté et comme je suis quelqu’un qui aime bien s’informer, j’ai commencé à m’informer, puis de plus en plus, toujours plus.

Puis un jour, lors d’une soirée avec mes cousins, nos pères buvaient du whisky et nous nous sommes aperçus que tous les cousins buvaient du rhum. L’ancienne génération était sur le whisky et la nouvelle génération était sur le rhum. D’où des discussions sur ce que chacun buvait.

On se parlait via Facebook et puis un jour, un de mes cousins, Bruno, a dit « Mais tu ne connais pas, il y a des pages Facebook. Pourquoi est-ce que tu ne ferais pas ta page Facebook ? Cela serait plus simple ».

J’ai dit, pourquoi pas.

Je suis assez réactif, trois heures plus tard, le groupe est né. N’y connaissant rien au niveau des groupes Facebook, le premier nom du groupe a été…

La Confrérie du rhum?.

Je ne savais pas que ça existait. J’aimais bien le seigneur des anneaux, la confrérie, le rhum, le partage. Je trouvais cela sympa, donc du coup, on s’est appelés la Confrérie du rhum. Cela restait strictement dans le cadre familial et régulièrement j’avais des notifications comme quoi il y avait des personnes qui voulaient s’inscrire est rentrer dans le groupe. Ce que je n’ai pas accepté au départ. Puis, au fur et à mesure des discussions le temps passe et je voyais augmenter les demandes. J’ai fini par soumettre à la famille et aux amis l’idée d’ouvrir cette page, pour plus d’échanges. Puisque l’on aimait bien cette page à la base, que c’était vraiment dans le but d’échanger. Un échange simple de bons plans tiens, « Tiens, il y a une promotion sur le Toucan, etc. ». Donc comme je donnais des astuces, je me suis dit pourquoi ne pas l’ouvrir un plus de gens comme ça on aura plus de chance de partager, d’apprendre plus de choses puisque moi j’adore apprendre aussi. Et du coup on a ouvert la page et puis ça a commencé à grossir, grossir, grossir.

Je me suis dit que pour pouvoir alimenter ça et connaître un petit peu mieux les choses, il allait falloir que je me bouge encore plus et que je sollicite les grandes maisons. Donc les premiers que j’ai sollicités des maisons que je ne citerais pas. On tous passé par là. J’ai sollicité clément qui a répondu favorablement qui a envoyé deux bouteilles. J’ai sollicité kraken?. J’ai sollicité d’autres maisons et petit à petit on a grossi. Jusqu’à ce qu’on me dise qu’il fallait organiser des soirées ouvertes au public.

Depuis quand tu en dégustes ?

J’ai commencé il y a une dizaine d’années. J’ai commencé à vraiment m’y intéresser et à vouloir tout savoir et tout connaître, il y a 2 ou 3 ans. Et je me rends compte que je ne connais toujours rien. Il faut se focaliser sur des choses précises. J’ai mis certaines choses de côté et d’autres que j’essaie de suivre au plus prêt. L’idée de la page, c’est vraiment le partage.

Pour en revenir aux Compagnons du rhum, le groupe a commencé à augmenter un petit peu et j’ai été contactée par mail par Benoît Baille qui m’a dit comme quoi c’était une marque qui était protégé. Ce que je comprends et donc il m’a invité à changer le nom du groupe ! J’ai sollicité ceux qui étaient déjà à l’époque confrères du rhum pour trouver un nom sympa. Bien sûr, il fallait que ce soit un nom libre pour ne pas recommencer la prise de tête. Il y a eu plusieurs propositions. J’ai fait un petit sondage et puis est ressortis du lot « les compagnons », encore une proposition de mon cousin Damien. Et donc, on est parti là dessus. Les compagnons, cela me plaisait bien, cela symbolisait bien le partage.

Pour le logo, si vous ne l’avez pas compris, ce sont 4 bonshommes vus du dessus et qui partagent un verre sur un tonneau. Je veux prôner le partage avec une certaine simplicité parce que j’aime bien l’idée que notre groupe est un groupe simple où on ne se prend pas la tête.

Quel a été le premier rhum qui t’a fait plonger dans cette passion ?

Je ne me rappelle plus exactement, c’était peut-être un rhum fait maison, mais pas un arrangé. C’était un rhum vieux je l’ai bu sec à température ambiante puis ce que l’on m’a dit que c’était ainsi qu’il fallait le boire. Je ne me rappelle plus de la marque, mais je l’ai aimé sec.

Comment tes amis, ta famille voient ta passion ? Elle n’est pas trop envahissante ?

Comme toute passion elle me prend du temps. Pour ceux qui la partagent avec toi, c’est forcément entraînant. J’ai la chance d’avoir une femme qui me suit dans mes différentes passions parce que je n’ai pas que le rhum. Je suis un peu un hyperactif. Cela se voit, je publie beaucoup, je suis assez réactif. Je fais beaucoup de sport aussi. Et je prends du temps pour ma famille. Je suis hyper organisé et j’arrive à trouver du temps pour tout ce que je fais. J’ai tout de même été 5 ans dans l’armée. Je n’étais peut-être pas très carré avant, mais après, cela filait droit. Ma femme a également d’autres activités.

As-tu fait quelques rhums arrangés ?

J’en ai fait quelques-uns. J’ai vite arrêté parce que je ne suis pas forcément très doué. J’en ai fait un pas mal dont je suis assez fier, je te le ferai goûter d’ailleurs.

Je n’en parle pas beaucoup parce que je pense que c’est extrêmement complexe. J’aime bien intellectualiser les choses et pour moi il y a trop de variables. C’est pour mon petit tonneau qui m’a été offert. Il a fallu que je choisisse mon rhum et si je faisais un finish. Je me suis pris la tête pendant six mois à réfléchir à ce que j’allais mettre dedans, quelle tournure je voulais que cela prenne.

En ce qui concerne les rhums arrangés, et bien, cela m’ennuie vite. C’est comme en cuisine, il faut savoir utiliser les bons dosages et j’ai peur de rater. Et puis étant donné que j’aime de moins en moins les rhums sucrés, je me retrouve avec des rhums arrangés que je ne bois pas. La macération prend du temps comme beaucoup d’autres. Il faut savoir faire des choix et j’ai donc décidé d’écarter les rhums arrangés. Mais j’invite tous les membres du groupe, comme tu le fais, à partager leurs créations.

Ce qu’il faut savoir, c’est que le groupe, ce n’est pas seulement ce que vous voyez sur le mur. Il faut savoir que ce qu’il y a derrière, c’est tout un monde aussi. Les sollicitations par mails privés, c’est juste impressionnant. Je me lève le matin « vous avez 67 nouveaux messages ».

Parlons un peu du groupe Facebook, car c’est en grande partie pour ce groupe que j’ai voulu d’interviewer. Les groupes Facebook sur le rhum se sont multipliés ces dernières années. Beaucoup d’amateurs trouvent que cela en fait trop, qu’en penses-tu ?

Selon le groupe auquel tu t’intéresses, il n’y a pas la même ligne d’horizon, la même ligne de conduite, la même façon de voir les choses ou même la façon de publiées. C’est vrai que lorsqu’il y a une sortie de bouteilles, elle est pour tous les groupes. Si tu publies la même chose qu’a, B, C et D, on va te dire que tu es pareil. Pourquoi j’irais dans ton groupe ? Et si tu ne publies pas, on va te dire que tu fais de l’élitisme, pour lequel tu ne veux pas nous en parler ?

Chaque groupe a sa philosophie et beaucoup l’indique dans leur nom d’ailleurs. Il y a également des groupes ou les messages sont durs et cela, je ne l’accepte pas sur mon groupe. On a tous débuté un jour. Je me suis acheté du Don Papa quand j’ai débuté. Je n’ai pas honte de l’avoir acheté. J’ai acheté des bouteilles qui feraient tomber des dents et pâlir certains.

Je ne critique pas l’arrivée d’autres groupes. On a tous le choix d’appartenir à un groupe ou d’en sortir. Tu peux aussi cliquer pour voir moins de publication de ce type si cela te saoule. Tu peux en suite aller de toi-même sur le groupe et voir ce que tu as envie de voir. Le groupe les compagnons du rhum existent pour tout le monde.

Qu’est-ce que tu as voulu apporter de plus dans l’univers du rhum avec ce groupe ?

Le partage, la convivialité, la bonhomie, c’est-à-dire que l’on se retrouve sur un groupe où l’on peut répéter la réponse aux mêmes questions à travers le temps. Oui c’est redondant, mais cela fait partie du jeu.

Avec mon travail, j’ai l’habitude d’avoir des élèves qui me posent toujours la même question. C’est comme un prof, pourquoi « 1 + 1 = 2 » ? Il ne va pas dire « Assez, bon ça fait 17 années de suite que je donne la réponse, t’avais qu’à demander à un mec des années précédentes ».

Tu ne peux pas reprocher à quelqu’un d’arriver et de poser une question. Je dis toujours à mes élèves qu’il vaut mieux poser une question et paraître bête 5 minutes que de ne jamais en poser et le rester toute sa vie.

Ça, c’est ma motivation, le partage, le droit de dire des conneries. Je dis des conneries et je les assume plus ou moins. Si je dis une connerie et que quelqu’un s’aperçoit que j’en dis une, j’en serais content parce que je serais alors moins con la prochaine fois.

Si on me pose une question et que je ne connais pas la réponse, j’essaierai toujours d’aller trouver la réponse ou d’aller vers les gens qui peuvent donner l’information. J’ai un partenariat avec les tonnelleries de Navarre et avec Willy également, avec qui je parle beaucoup et qui est un puits de connaissances. Quand une question sur les fûts est posée, je tag Willy, car je sais qu’il pourra répondre à la question. Moi, je n’ai pas sa connaissance, c’est son métier.

Tu publies énormément sur le groupe, de l’actualité, des articles de blog, comment trouves-tu toutes ces informations ?

Alors voici ma journée de publication. Je commence par enlever le mode avion parce que si je ne le mets pas le soir, c’est juste pas possible. Donc je commence par consulter les mails privés. Je regarde ensuite ce qui se passe sur la toile pour voir ce qui peut être pertinent, ce que j’ai envie de publier ou pas. J’essaie aussi de trouver d’autre info ailleurs pour ne pas être trop redondant avec les autres groupes. J’ouvre mes oreilles et mes yeux pour voir un maximum d’info. Je passe beaucoup de temps à lire. Certains choses, je les partage sans les lire et pour d’autres, je vais chercher l’information la plus intéressante à partager. C’est aussi beaucoup de travail parce que je passe beaucoup de temps à faire ces recherches.

On m’a fait aussi la critique de ne faire que partager la même chose que les autres groupes. Donc maintenant, j’essaie d’amener au débat. Ce n’est pas grand-chose, ce n’est que quelques phrases, mais c’est ce qui peut commencer à faire la différence.

Tu n’es pas un professionnel du rhum, c’est un domaine qui t’intéresse ?

On m’a plusieurs fois posé la question et si on proposait quelque chose, est-ce que j’aimerais travailler dans le rhum ? Franchement, je ne sais pas. J’aime bien mon métier. Si tu aimes le sport, forcément, tu aimerais pouvoir être payé pour faire du sport. Malheureusement, j’aurais peur qu’avec le temps, la passion laisse place au business et que cela ne soit plus une passion. J’y ai songé, mais je préfère que cela reste quelque chose de récréatif et amusant. Je ne veux pas que ce soit quelque chose de pécuniaire.

Qu’est-ce que tu aimerais développer de nouveau pour cette année 2019 ?

J’ai pensé à plein de choses et j’ai parlé à pas mal de personnes. Mais déjà continué à exister, je veux continuer dans la même direction. Pour fonder des partenariats avec les différentes maisons, il faut avoir confiance. C’est un travail de long terme. Je ne cherche pas à avoir plus d’abonnés, mais il y a la médaille et le revers de la médaille. Quand on est nombreux, on gagne en crédibilité et en viabilité. Les marques sont donc plus intéressées et vont avoir plus de facilité à te solliciter une publication, à te donner des informations.

Sur l’avenir des compagnons, j’ai des idées au niveau de la dégustation. J’ai discuté avec olivier qui a participé à l’émission m6 « plus grands pâtissiers » et qui est arrivé, je crois, en finale ou aux portes de la finale. Il ne connaissait pas le rhum et n’aime pas spécialement l’alcool d’une manière générale. Mais au cours d’une soirée, je lui ai fait un line up. J’ai beaucoup réfléchi à ce que je devais lui faire goûter et à ce que je ne devais surtout pas lui faire goûter étant complètement novice au niveau du rhum et en même temps essayer de faire en sorte que cela puisse lui déclencher des idées au niveau de la pâtisserie. Pour un novice, il a apprécié des rhums lesquels on n’a pas l’habitude d’aller quand on débute. Et il y a quelque temps, il a fait un gâteau avec un rhum que je lui avais proposé et il était super content. Il m’a alors dit que l’on ferait d’autres choses ensemble.

Comme il est très occupé, ce sera très difficile de faire quelque chose avec lui,mais j’aimerais beaucoup aller sur des accords mets rhum qui pourrait être sympa. J’ai également une idée de soirée dégustation dont j’ai parlé Freddy de a’Rhum. J’ai plein d’idées dans la tête. J’aimerais vraiment surprendre. J’aimerais vraiment essayer de donner une espèce d’impulsion à ce groupe, une certaine nouveauté, tout en humilité.

Vous pouvez également me solliciter si vous avez des idées pour développer le groupe. Je suis ouvert à toute suggestion. Les soirées dégustations, c’est ce qui est le plus demandé. Mais pareil, c’est beaucoup de travail et je ne prends rien sur ces soirées. Si l’on me donne des samples, je suis content, mais je ne suis pas payé. L’organisation, je la fais sur mes fonds propres. J’aimerais faire de nouvelles choses avec de nouvelles maisons. Peut-être, essayer de voir d’autres concepts. Mais je ne peux pas tout dire parce que sinon, il n’y a plus l’effet-surprise.

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Les soirées dégustations. Tu en as déjà organisé quelques-unes qui ont toujours été des plus plaisantes. Tu arrives à avoir des intervenants tels que Florent Beuchet ou François Mangin. Comment fais-tu ? Tu y vas au culot ?

Oui !

Qui ne tente rien n’a rien. Je n’ai rien à perdre. Je ne suis personne, je pose la question. Pour Très Hombres, je les ai sollicité pendant longtemps, longtemps. Ce n’est pas qu’ils ne voulaient pas, c’est juste que pour l’organisation avec leurs traversées, c’est très compliqué.

Je sollicite, je cherche les contacts. Je laisse infuser et je reviens à la charge. Après cela mord ou cela ne mord pas, c’est la plupart du temps comme ça.

J’ai envie de parler de ton voyage en Martinique. Tu nous as vendu du rêve. Je suis plus que jaloux. Peux-tu nous raconter un peu ton voyage sur l’une des îles préférées des amateurs de rhum ?

Je suis parti avec ma famille et des amis pendant une dizaine de jours là-bas. On parlait justement de passion et de vie. Il a fallu que je calme les chevaux parce que j’aurais passé mes journées à goûter des rhums et visiter les distilleries. Je voulais tout voir, je voulais tout sentir, je voulais parler à tout le monde et je voulais aller partout. Dès que je voyais une épicerie, j’avais envie de rentrer dedans et peut-être tomber sur une perle, un truc que quelqu’un aurait oublié dans un fonds d’un étalage et dire « Ha oui, un brut de fût ».

Je suis allé chez Depaz et il n’avait plus de brut de fût. Donc j’ai essayé d’en trouver un ailleurs. Je me sentais un peu comme un chercheur de trésors dans les hypermarchés. C’est-à-dire que tout le monde se dirigeait vers la bouffe et moi j’allais direct dans le rayon rhum.

Il a vraiment fallu que je me canalise parce que ce n’était pas que mes vacances, mais celles de tout le monde. J’ai essayé de concentrer les visites. D’ailleurs, j’en remercie très chaleureusement et très affectueusement ma femme qui a dû supporter ma journée la plus speed. J’ai commencé par La Favorite avec un super accueil d’Emmanuelle. Ensuite, on a pris la voiture pour aller voir Stacy à A1710 qui m’a fait une super visite de la distillerie. C’est là où j’ai pu mettre la tête sous l’alambic. Ensuite, il a fallu que je redescende sur HSE où là j’ai eu un bon accueil, une visite des chai et dégustation. Donc quand tu conduis, il faut faire attention.

On ne se rend pas compte, mais la Martinique, c’est une petite île. Mais pour aller d’un point A à un point B, cela peut être très compliqué. Non pas que les routes soient pourries, loin de là. C’est déjà qu’il y a beaucoup de bouchons. On a l’impression que c’est une toute petite distance, mais en fait tu mets une demi-heure, trois quarts d’heure pour y aller.

Donc ma femme a subi. Pour l’histoire, entre A1710 et HSE, on devait aller au resto et je lui ai fait subir un pauvre hamburger dans une friterie parce que j’étais trop court sur mes rendez-vous. Donc notre petit repas en amoureux a fini dans une baraque à frite à manger vite fait dans la voiture. Elle a été très patiente et compréhensive.

Après, j’ai fait aussi tout le nord avec deux amis avec d’abord Neisson, puis Depaz. On est ensuite remonté chez JM. S’il n’y avait qu’une distillerie à faire, au-delà du rhum, JM, c’est une distillerie à faire parce qu’elle est dans un écrin de verdure. Tu as des routes toutes tortueuses et au-delà d’un virage et là, tu vois cette habitation toute rouge dans une végétation luxuriante, une végétation magnifique avec des superbes fleurs. C’est juste dépaysant. Leur visite, je l’ai trouvé extrêmement bien faite, car il y a toute une partie ludique où tu apprends les différentes étapes de fabrication du rhum, en passant de la récolte à la distillation. Après tu vois des fûts avec différentes chauffes. Tu vois comment ils font le bousinage. Ensuite, tu te retrouves dans le chai où tu vois le vieillissement. Et là tu as l’impression d’être dans une église avec tous les fûts JM qui sont disposés en fer à cheval sur fond rouge, avec une lumière tamisée et c’est d’un calme. Cela impose le respect.

Tu passes ensuite par la partie olfactive, ils te font sentir différents arômes en te remettant des petits papiers pour que tu notes tes impressions. En passant à la partie dégustation, ils prennent les papiers et en fonction de tes appréciations ils te font un line up qui te correspond. C’est le chemin de la canne à ta bouche.

Chez HSE, l’accent est mis sur les personnes et l’histoire. Il ne faut pas oublier qu’il y a une part importante dans l’histoire du rhum liée à l’esclavage. Cette part de l’histoire reste très importante dans le coeur des Martiniquais. On le ressent au détour des visites des distilleries. Et HSE souligne cette période de façon plus importante.

Chaque distillerie m’a apporté quelque chose.

On va parler du mythique moulin Trois-Rivières. C’est la première distillerie que j’ai visitée. Il y a les beaux jardins et surtout d’habitation de chez Clément qui est juste magnifique. Pour les férus d’histoire, on voit tout l’aspect colonial.

J’ai également fait des interviews dans chaque distillerie. J’ai posé les mêmes questions à tous pour savoir un peu quel était leur positionnement actuel est peut-être la suite. Je ne raconte pas tout, je le réserve pour le groupe. Il y a des heures d’enregistrement qui va falloir que je les décortique et que je les retranscrive. Il m’a été donné la chance de pouvoir côtoyer ces personnes, ces passionnés de rhum. Ils ont des parcours différents. Parler avec eux, cela m’a permis d’aborder le rhum de façon différente parce que chacun à sa façon de faire, son histoire. Cela me donne encore plus envie d’approfondir et de découvrir les origines.

Parlons plus concrètement de rhum maintenant. Car c’est au fond de ça qu’il s’agit. D’un doux nectar que l’on plaisir à partager. Comment décrirais-tu le rhum ? Qu’est-ce que c’est pour toi ?

Pour moi, c’est une boisson qui se partage. On essaye de faire marcher aussi bien son nez que ses papilles, sa mémoire, ses impressions, ses souvenirs. C’est un moment convivial, un moment d’échanges où j’ai plaisir à me retrouver avec des amis. J’aime bien avec mes bouteilles soit essayer de surprendre, soit essayer de sustenter. Tu aimes bien ça, alors goûte-tu vas voir. Je n’ai pas de culture dans le whisky, mais j’ai certaines personnes qui me disent trouver des ressemblances. Là aussi c’est pareil, il va falloir que je m’ouvre un petit peu plus aux spiritueux en général parce que quand on me dit Cognac finish ou Bourbon finish, comme je n’en ai jamais bu, je vais avoir des difficultés à les retrouver. Je ne suis pas complètement fermé, mais pour connaître un peu mieux le rhum, j’ai l’impression qu’il va me falloir passer par d’autres spiritueux.

La première fois que j’ai eu la chance de goûter ou flibuste. Je l’ai mis dans un petit verre. J’ai commencé à sentir et là j’ai commencé à goûter et franchement, c’est ridicule, mais je m’en fous, le ridicule ne tue pas. Je me suis vu pirates. Je sentais le bois ciré, la poussière. Vraiment, cela m’a transporté et cela m’a fait voyager et donc pour moi le rhum, c’est aussi un voyage parce qu’il y a tellement de destinations. Et c’est pour ça que j’aurai toujours un affect vis-à-vis de ce rhum.

On peut utiliser un de ces rhums, peux-tu nous partager avec tes mots le plaisir que tu peux prendre à la dégustation d’un rhum ?

Dans ces cas-là, il vaut mieux aller vers quelque chose que je ne connais pas. Le Mont Gay, je trouve que c’est un rhum qui a un bon rapport qualité-prix. Quand je vais déguster un rhum, j’aime bien sentir le bouchon. J’aime bien mettre mon nez dans la bouteille. J’aime bien regarder la couleur que prend le rhum plus on en met dans le verre. Je prends aussi le temps de regarder la bouteille, le packaging, lire l’étiquette.

Après j’ai tendance à prendre une première bouffée au nez. Je regarde si cela me parle. Dans le Mont Gay, il y a tout de suite le vanillé et le toasté. Sinon, j’ai ma petite manie. Je prends une petite goutte que je mets sur mon doigt et que j’applique sur ma peau. Je fais attention quand je vais faire les soirées dégustation à ne pas mettre de parfum au niveau de mes poignets et des mains. Alors soit je les mets au creux de ma main et après je frotte mes mains et j’essaie de sentir. Pourquoi ? Parce que j’ai l’impression que je me dégage, un petit peu plus de l’alcool et ça me parle autrement. Je compare avec mes impressions au nez avec le verre.

C’est comme du parfum. Cela dépend de l’acidité de ta peau. Bien entendu, il ne faut pas s’être lavé les mains de la grosse lavande qui va prendre le dessus.

Après cela, je ne regarde pas trop la couleur. Entre guillemets, pour ne pas me faire avoir parce que je sais que des fois il y a de l’ajout de caramel pour donner une certaine couleur.

Je suis très simple, j’y vais au nez, j’y vais dans les mains et en suite j’y vais dans la bouche. Comme la plupart des gens, j’essaye de tapisser le palais la première fois. Je laisse le temps de s’ouvrir. Je vois ce que cela me dit déjà en première bouche, mais je ne m’y fais pas forcément et je vais donc sur la 2e bouche après plus ou moins de temps. J’essaie de déceler les différences entre la partie nez et la partie bouche.

Là en bouche, on retrouve largement le côté toaster black barrel de Mont Gay. Je trouve qu’au niveau rapport qualité prix il est super. Je ne vais pas dire d’en boire tous les jours parce qu’il faut boire avec modération. On ne le dira jamais assez.

Qu’est-ce que tu bois en rhum ? Qu’est-ce qui te fait choisir ce que tu vas boire ?

L’agricole, non agricole, il faut arrêter. Le but pour moi, c’est de prendre du plaisir et de le partager. Quand je prends une bouteille et que j’arrive chez quelqu’un, ce n’est pas pour dire « moi j’ai ça en bouteille ». J’ai ressenti quelque chose, j’ai ressenti du plaisir cela m’a parlé et je veux te le faire partager. Est-ce qu’à toi cela te parle ?

Et après, que tu aimes boire Mont Gay, un HSE un peu plus structuré peu importe. Même tu veux boire un Don Papa et bien bois un Don Papa si cela te fait plaisir. Même si c’est pété de sucre qu’il n’y a rien de naturel, on s’en fout. Si cela t’apporte du plaisir, fais-le.

Maintenant, notre but à nous au niveau des Compagnons du Rhum et des autres groupes, cela va être d’informer. De dire attention, il existe autre chose. Je pense que tu peux trouver du plaisir ailleurs. Personnellement, je ne suis pas tous les jours en train de manger Ducas. De temps en temps, j’aime bien me taper une pizza bien grasse ou un MacDo bien gras. Et je sais bien que les nuggets de poulet, c’est de la merde. J’en ai conscience. On le sait. Du moment que tu en as conscience, que tu le fais et que tu prends du plaisir, il est où le problème ?

Le choix, c’est bien le problème. Tu veux te faire un apéro. Tu te retrouves devant ton bar et là tu te dis « Je vais boire quoi ce soir ?

Je regarde mes bouteilles en levant les yeux, parce que mes bouteilles sont en hauteur dans mon garage et après cela va être selon mon humeur. Des fois je vais vouloir me faire quelque chose de typique en prenant un Jamaïcain. Alors qu’au début, il ne fallait pas m’en parler de la Jamaïque et des Fidji. J’ai changé. Aujourd’hui, il y a une bouteille de la Jamaïque que j’ai bientôt terminée.

Quand j’ai envie de revenir sur quelque chose d’un peu plus bonbon sucré, j’aime bien le Santa Teresa. Je le trouve très équilibré. Il est rond, tu as un côté chaleureux. Cela n’arrache pas la gorge. C’est suave. Bien que cela ne plaise pas à tout le monde, j’aime bien de temps en temps me prendre un Santa Teresa. J’aime bien changer complètement d’embouteilleurs et partir sur les Origin’R où tu as les Panama qui sont assez bien faits. Après, j’aime revenir sur des classiques comme le XO de HSE où celui de Neisson que j’ai connu il n’y a pas si longtemps. J’aime bien quand le rhum est bien équilibré. Après, il est évident que j’affectionne particulièrement les rhums de la Barbade. Je pense bien sûr à Foursquare.

Je n’arrête pas de parler de vieux, mais il y a les blancs aussi. J’ai eu une accroche primaire de l’univers des rhums avec les vieux et j’ai eu du mal à m’atteler au niveau des blancs. Mais quand tu te bois un petit Genesis… Il faut que j’arrête avec les petits parce qu’avec leur degré cela peut paraître réducteur. Quand tu prends une perle ou un Montebello. La dernière cuvée qu’ils ont faite, c’est juste pour moi très fort en alcool, mais c’est un brut de colonnes qui est juste magnifique. Quand tu prends tout simplement un canne bleue Clément avec juste un zeste de citron. Je me suis bu une bouteille en 3 jours à la Martinique.

Le blanc, il ne faut pas l’oublier parce qu’il a une palette aromatique qui est vraiment impressionnante. Parce que malgré le fait que ce soit juste… c’est vraiment réducteur… C’est le distillat de canne au plus naturel. Tu vas t’attendre à ce que ce soit forcément un peu toujours la même chose sur le jus de canne, mais il y a bien plus.

C’est ce que j’aime bien avec le rhum, c’est un voyage. Que ce soit du blanc, du paille, du vieux ou du très vieux, tu passes de quelque chose de très fort à quelque chose de très sec, à quelque chose de très boisé, très toaster. Tu ne peux être que surpris, des fois même bien surpris et d’autres fois très content de n’avoir pris qu’un sample.

Quel est ton podium des rhums que tu préfères ?

Alors non tu ne peux pas me dire ça. Déjà il faut que tu me demandes de faire un podium de blanc et un podium de vieux. Je sais que je suis un tricheur, mais voilà c’est dans ma nature, c’est comme ça. Je ne veux vexer personne, dans le sens où il y a beaucoup de maisons, il y a beaucoup de choses très très bien, aussi bien en blanc qu’en vieux. Et en plus, comme on l’a dit tout à l’heure, cela dépend de l’humeur et cela dépend aussi de l’envie du moment. Personnellement, je marche sur des coups de cœur. Je fais beaucoup de dégustations et je retiens en général un coup de cœur. Celui qui m’a foutu une baffe dans la gueule quand je l’ai dégusté, où j’ai fait Wouaw, celle-là, je la veux.

Après, le truc qui va me déranger, c’est qu’il y a beaucoup de spéculations autour de cette bouteille et ça me dérange pas ce que ça devrait être plus accessible… Je ne sais pas comment le dire, mais ce que j’aime, c’est le partage et vu le prix de la bouteille, c’est difficile… Cela m’embête de ne pas la mettre dans le top 3. Et cela m’embête aussi de l’y mettre parce qu’il y a un côté inabordable qui me dérange. On parle de la Destino qui pour moi a été ma baffe dans la gueule au Whisky Live. Maintenant je ne peux pas ne pas le mettre dedans parce qu’ils coûtent cher, je ne peux pas l’exclure et je vais le mettre dans mon top 3.

J’ai eu la chance de goûter le triple millésime à la française de HSE. Je l’ai trouvé vraiment très bien fait, mais je ne vais pas le mettre dans le top 3. Je voulais quand même en parler parce que c’était quand même assez sympa.

C’est difficile ce que tu me demandes. On se lance… Il n’y aura pas de Caroni.

Pour moi, pour un rhum qui est abordable et qui est vraiment marquant parce qu’à la frontière entre le blanc et le vieux, c’est le Prélude de chez Longueteau. C’est un ado… voilà. Malgré le fait qu’il soit moins vieux, tu te retrouves avec des notes olfactives du blanc et des notes olfactives du vieux et je trouve que c’est un bon équilibre. Donc pour le rapport qualité-prix et parce que j’ai vraiment eu un petit coup de coeur pour celui-là je vais le mettre sur le podium.

Pour le dernier… bon, je vais encore faire l’apologie de Velier, mais j’ai bien aimé l’Antigua Distillery. Il a un vrai côté poudre à canon.

Sur cette année ce sera le Destino, l’Antigua Distillery et le Prélude.

Pour les blancs, là tout de suite me vient à l’esprit et je ne peux pas l’oublier, c’est le La Digue parce que pour moi il y a un côté extrêmement intéressant. J’aimais beaucoup le Bel-Air, mais pour moi le La Digue est au-dessus.

Pour les blancs, cela devrait être plus simple.

Il y a le Montebello Bolokos. Comme le Genesis que j’aime beaucoup, il est haut en alcool et que cela te fout une sacrée baffe. Cela secoue le cerveau.

Et pour simplicité, juste un canne bleue Clément basique parce que la canne bleue, c’est la base pour moi.

Ce qui nous fait donc La Digue, Montebello et un canne bleue Clément.

Conclusion

Voilà pour cette première interview en vidéo. Il y en aura d’autres. Si vous avez eu le courage d’aller jusqu’au bout, je vous en tire le chapeau. Moi j’ai adoré faire cet interview. La retranscription a été bien plus compliquée. Je ne m’attendais pas à autant de travail. J’espère que cela vous aura plu.

Un rhum partagé est un plaisir décuplé.

N’oubliez pas, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

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